VDI, micro-entrepreneur ou entrepreneur individuel : qui déclare les cotisations à l’URSSAF ?
- SNVDI

- il y a 6 heures
- 6 min de lecture
Article actualisé en août 2026.

L’URSSAF collecte les cotisations sociales
L’URSSAF est avant tout un organisme chargé de collecter les cotisations et contributions sociales.
Cet argent participe notamment au financement de l’assurance maladie, de la maternité, des retraites, des allocations familiales et de la formation professionnelle.
L’URSSAF ne choisit pas librement le régime le plus avantageux financièrement. Elle doit appliquer les règles correspondant à la véritable situation professionnelle de chaque personne.
Le VDI classique : le mandant s’occupe des cotisations

Le vendeur à domicile indépendant exerce librement son activité, sans contrat de travail et sans lien de subordination avec l’entreprise dont il distribue les produits ou les services.
Lorsqu’il n’est pas inscrit au Registre du commerce et des sociétés — RCS — ou au Registre spécial des agents commerciaux — RSAC — le VDI bénéficie d’un régime social particulier.
Il reste indépendant dans l’organisation de son travail, mais il est considéré comme assimilé salarié uniquement pour la Sécurité sociale.
Cela ne fait pas de lui un salarié au sens du droit du travail.
Le mandant effectue la déclaration

Dans le régime VDI, c’est normalement l’entreprise de vente directe, appelée le mandant, qui :
calcule la rémunération ou la marge du VDI ;
établit un bulletin de précompte ;
effectue la déclaration sociale trimestrielle ;
verse les cotisations correspondantes à l’URSSAF.
Le VDI n’a donc pas à déclarer une seconde fois cette même rémunération comme chiffre d’affaires d’une micro-entreprise.
C’est l’une des grandes particularités du statut VDI : le vendeur peut se consacrer principalement à la présentation des produits et à la relation avec ses clients, tandis que le mandant prend en charge les déclarations sociales liées au contrat.
Combien le VDI cotise-t-il en 2026 ?
Le montant dépend de sa rémunération brute trimestrielle.
Rémunération brute par trimestre | Régime de cotisation |
Moins de 660 € | Aucune cotisation sociale |
De 660 € à moins de 1 320 € | Cotisation forfaitaire de 20 € à la charge du VDI |
De 1 320 € à moins de 1 760 € | Cotisation forfaitaire de 59 € |
De 1 760 € à moins de 5 940 € | Cotisations calculées sur une assiette forfaitaire |
À partir de 5 940 € | Cotisations calculées sur le revenu réel |
Ces montants concernent le régime spécifique du VDI non immatriculé. Ils sont déclarés et réglés par l’entreprise de vente directe.
Le bulletin de précompte doit permettre au VDI de connaître sa rémunération et les cotisations sociales déclarées.
Le micro-entrepreneur déclare lui-même son chiffre d’affaires

Le terme « auto-entrepreneur » est toujours utilisé dans le langage courant, mais le terme officiel est aujourd’hui micro-entrepreneur.
La micro-entreprise n’est pas une forme juridique séparée. Le micro-entrepreneur est juridiquement un entrepreneur individuel bénéficiant d’un régime fiscal et social simplifié.
Contrairement au VDI classique, le micro-entrepreneur doit lui-même :
créer son entreprise ;
obtenir un numéro SIRET ;
déclarer son chiffre d’affaires ;
payer ses cotisations à l’URSSAF ;
tenir un livre des recettes ;
produire ses factures ;
suivre ses obligations fiscales.
La déclaration est effectuée chaque mois ou chaque trimestre. Si le chiffre d’affaires est nul, les cotisations proportionnelles sont égales à zéro, mais la déclaration reste obligatoire.
Les principaux taux en 2026
Les taux sociaux dépendent de la nature exacte de l’activité :
vente de marchandises : 12,3 % du chiffre d’affaires ;
prestations de services commerciales ou artisanales : 21,2 % ;
activité libérale non réglementée : 25,6 %.
Ces pourcentages sont appliqués au chiffre d’affaires encaissé, sans déduction des dépenses professionnelles réelles.
Une erreur de classement de l’activité peut donc entraîner l’application d’un mauvais taux.
L’entreprise individuelle au régime réel

L’entrepreneur individuel au régime réel déclare également lui-même son activité. Mais ses cotisations ne sont pas calculées simplement en appliquant un taux fixe à son chiffre d’affaires.
Elles sont principalement calculées à partir de son bénéfice ou de son revenu professionnel.
Les véritables dépenses professionnelles peuvent être déduites :
achats de marchandises ;
déplacements professionnels ;
assurances ;
matériel ;
frais de fonctionnement ;
honoraires comptables.
Des cotisations provisionnelles peuvent être demandées avant que le revenu définitif soit connu. Une régularisation intervient ensuite.
La formule générale est la suivante :
Chiffre d’affaires – dépenses professionnelles – cotisations sociales = revenu net.
Peut-on être VDI et micro-entrepreneur en même temps ?

Oui, une personne peut exercer une activité VDI et posséder parallèlement une micro-entreprise pour une autre activité.
Par exemple, une personne peut être :
VDI pour une entreprise de vente directe ;
micro-entrepreneur photographe pour ses prestations photographiques.
Dans ce cas, les deux activités doivent rester clairement identifiées et leurs revenus ne doivent pas être mélangés.
En revanche, une même commission ou une même vente ne doit jamais être déclarée deux fois :
une première fois par le mandant dans le régime VDI ;
une seconde fois par le vendeur dans sa micro-entreprise.
Une personne peut donc cumuler plusieurs activités, mais une même rémunération ne peut pas relever simultanément de deux régimes sociaux.
Une activité ressemblant au VDI peut-elle être exercée en EI ?
Oui, un entrepreneur individuel peut exercer une activité commerciale ou une activité d’agent commercial ressemblant à celle d’un VDI.
Mais dans ce cas, il ne bénéficie pas automatiquement du régime social simplifié du VDI non immatriculé.
Il agit comme un véritable entrepreneur et doit notamment :
être correctement immatriculé ;
déclarer ses revenus professionnels ;
payer lui-même ses cotisations ;
accomplir ses obligations comptables et fiscales.
Le nom donné au contrat ne suffit pas. Il faut examiner la réalité de l’activité, le rôle du vendeur, son niveau d’autonomie et la façon dont il est rémunéré.
Quand le VDI doit-il devenir agent commercial ou commerçant ?
Le VDI doit s’inscrire au RCS ou au RSAC lorsqu’il remplit simultanément les deux conditions suivantes :
il a exercé pendant trois années civiles consécutives, même par intermittence ;
sa rémunération brute annuelle a dépassé 24 030 euros pendant chacune de ces trois années.
Le VDI mandataire doit alors s’inscrire au RSAC comme agent commercial.
Le VDI acheteur-revendeur doit s’inscrire au RCS comme commerçant.
À partir de cette immatriculation, il n’est plus assimilé salarié pour la Sécurité sociale. Il relève du régime social des travailleurs indépendants.
Quel régime facilite le plus la collecte de l’URSSAF ?

Pour l’URSSAF, le système VDI présente un avantage administratif évident : une seule entreprise mandante peut déclarer les cotisations de centaines ou de milliers de vendeurs.
Le mandant connaît les commissions qu’il verse. Il peut donc centraliser les calculs, les déclarations et les règlements.
Cette organisation limite les oublis individuels et sécurise la collecte.
Cependant, pour une très petite activité, la micro-entreprise peut générer davantage de cotisations immédiates, car le micro-entrepreneur cotise normalement dès le premier euro de chiffre d’affaires.
Le VDI bénéficie, pour sa part, d’une absence de cotisation sous 660 euros de rémunération brute trimestrielle, puis de cotisations forfaitaires réduites.
Il est toutefois impossible d’affirmer qu’un régime rapporte toujours plus que l’autre, car les bases sont différentes :
le VDI mandataire est rémunéré par des commissions ;
le VDI acheteur-revendeur réalise une marge ;
le micro-commerçant cotise sur son chiffre d’affaires ;
l’entrepreneur individuel au réel cotise principalement sur son bénéfice.
Une qualification correcte protège tout le monde

Le choix du régime ne doit pas dépendre uniquement du montant des cotisations que l’URSSAF pourrait collecter.
Il doit correspondre à la véritable activité de la personne.
En résumé :
le VDI classique est indépendant, mais ses cotisations sont déclarées par son mandant ;
le micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel qui déclare lui-même son chiffre d’affaires ;
l’entrepreneur individuel au réel déclare son activité et cotise principalement sur son revenu professionnel ;
une même rémunération ne doit jamais être déclarée dans deux régimes différents.
Une activité correctement identifiée protège le vendeur contre les appels de cotisations injustifiés. Elle protège également le mandant et permet à l’URSSAF de collecter les cotisations correspondant réellement à l’activité exercée.
Sources officielles
Les seuils et les taux peuvent évoluer. Les informations présentées correspondent aux règles officielles disponibles en août 2026. Chaque situation particulière doit être vérifiée auprès de l’URSSAF ou d’un professionnel compétent.


Merci pour les informations utiles pour les VDI et félicitation pour le truc